3 janvier 2026

L’équipement de sécurité indispensable pour naviguer sur les côtes : lampes, balises et VHF à la loupe

En mer, la lumière, la vie et la voix

Naviguer au large, longer les pertuis ou même savourer une journée de balade entre les îles… Chaque sortie sur la côte rochelaise invite à l’émerveillement, mais exige une sécurité sans faille. À bord, les lampes, balises et VHF sont bien plus que de simples accessoires : ce sont vos voix, vos signaux, votre fil d’Ariane avec la terre ferme ou les secours.

Les chiffres sont parlants : selon le rapport 2023 de la SNSM, 91% des interventions en mer ont lieu à moins de 6 milles des côtes (Source : SNSM). Bien choisir son matériel de communication et de signalisation, adapté à la navigation côtière, reste donc une priorité. Lumières, transmissions et balises : embarquons pour un tour d’horizon précis, concret… et salutaire.

Les lampes à bord : éclairez votre route, rassurez votre équipage

Trois fonctions clés pour naviguer serein

  • Navigation de nuit ou par mauvaise visibilité : assurer sa visibilité et sa route pour soi et pour les autres.
  • Signalement d’urgence : être localisé rapidement en cas de chute à la mer ou d’appel au secours.
  • Vie à bord : éclairer le pont, les instruments ou le carré sans éblouir.

Quels types de lampes privilégier en navigation côtière ?

  • Feux de navigation :
    • Obligatoires de nuit ou par visibilité réduite (RIPAM, Règlementation Internationale pour Prévenir les Abordages en Mer).
    • À LED pour leur autonomie (jusqu’à 70 heures pour certains modèles Spinlock).
    • Étanches (IP67 minimum conseillé).
  • Projecteur étanche et lampe de pont :
    • Indispensables pour manœuvrer, lever l’ancre ou fouiller dans les coffres.
    • Favoriser une puissance supérieure à 100 lumens.
    • Modèles rechargeables USB — ex. Exposure Lights ou Navisafe — limitent les problèmes de piles en mer.
  • Lampe flash personnelle :
    • Accrochée au gilet, elle signale immédiatement une "homme à la mer".
    • Privilégier les modèles automatiques (ex. Lalizas, Spinlock Lume-On).
    • Obligatoire pour certains clubs de voile dès que l’on quitte la rade.
À retenir : Pour une navigation côtière (moins de 6 milles d’un abri), au moins 3 lampes à bord : feux de navigation, projetcteur/lumière de pont et dispositif individuel. Le code maritime français (Division 240) impose en sus une torche étanche.

Les balises : géolocalisation et secours, le bon choix pour chaque programme

Comprendre les grandes familles

  • BALISES PERSONNELLES DE LOCALISATION (PLB) :
    • Déclenchement manuel (voire parfois automatique).
    • Position GPS transmise via le réseau mondial COSPAS-SARSAT (406 MHz).
    • Norme IMO, batterie longue durée (en général 5 ans en veille).
    • Couverture mondiale, mais interventions coordonnées par MRCC (Maritime Rescue Coordination Centres) locaux.
  • BALISES AIS MOB (Man OverBoard) :
    • Transmettent le signal via le réseau AIS des navires à proximité (5-7 milles de portée type).
    • Déclenchées automatiquement à l’immersion (Survivor Recovery System, Ocean Signal).
    • Nécessite des navires équipés d’un AIS pour la réception.
    • Idéal en navigation côtière, régates, traversées à vue de terre.
  • BALISES EPIRB :
    • Obligatoires seulement au-delà de 6 milles mais fortement conseillées si vous envisagez du côtier à la journée avec escales isolées.
    • Déclenchement manuel ou automatique.
    • Signal satellitaire + VHF pour un repérage double.
Conseil pratique :
  • Pour une navigation côtière/demi-hauturière, privilégier une balise AIS MOB sur chaque gilet et une PLB pour l’équipage, en complément du système d’alerte traditionnel (feux, corne, etc.).
  • Vérifiez la compatibilité entre votre balise MOB et votre VHF/AIS de bord, certains modèles — ex. McMurdo ou Ocean Signal — offrent une alerte directe sur votre écran traceur.

Balises, réglementation et coût

  • AIS MOB : à partir de 180€ (Ocean Signal, McMurdo, Weatherdock…)
  • PLB : entre 220€ et 350€, enregistrement obligatoire auprès de l’ANFR (anfr.fr)
  • EPIRB : environ 350 à 600€, à privilégier pour la grande croisière ou navigation semi-hauturière.
  • Maintenance : testez au moins une fois par saison, changez la batterie en respectant la notice constructeur.

La VHF : parler, écouter, être sauvé – une radio qui change tout

VHF fixe ou portable ?

  • VHF portable :
    • Autonomie en général entre 6 et 12h (à pleine puissance).
    • Étanche IP67 minimum, flottante recommandée (Standard Horizon HX210, Icom IC-M25, Cobra MR HH600).
    • Utile sur petits voiliers, annexes ou à l’approche des ports.
  • VHF fixe :
    • Rayon d’émission nettement supérieur (jusqu’à 30 milles, selon l’antenne et la topographie).
    • Alimentation sur batterie du bord, souvent couplée à l’AIS ou GPS pour l’envoi automatique de la position lors d’une détresse (ASN/DSC).
    • Idéale pour un voilier équipé pour des navigations régulières.

Fréquences, ASN, distress call… ce qu’il faut savoir

  • Canal 16 : fréquence d’appel internationale, veille continue obligatoire, urgence et sécurité.
  • ASN (Appel Sélectif Numérique, ou DSC) : bouton "DISTRESS" permet d’envoyer instantanément un SOS avec la position GPS du bateau à tous les postes à portée (source Ministère de la Mer).
  • Portée : 5 à 30 milles en côtière (variable selon conditions météo, antenne, obstacles…).
  • Législation : Licence d’utilisation à demander auprès de l’ANFR ; CRR (Certificat restreint de radiotéléphoniste) obligatoire pour naviguer au-delà de 6 milles d’un abri ou hors France, mais chaudement recommandé en côtière (passage simple, formation 1 à 2 jours).

VHF et ergonomie : critères de choix

  • Lisibilité des écrans : écran rétroéclairé, grand format, informations claires même en plein soleil.
  • Robustesse : boîtier antichoc, résistant au sel et à l’humidité.
  • Simplicité : boutons larges, ergonomie pour usage sous stress.
  • Flottaison et couleur vive : plus facile à repérer si la VHF tombe à l’eau.
  • Batterie lithium : autonomie, recharge rapide (USB).

Encadré pratique : bien vérifier son matériel avant d’appareiller

  • Tester l’allumage et la charge de toutes les lampes, VHF, balises et feux.
  • Effectuer un test ASN avec la VHF avant chaque saison (en mode test sur le canal 70).
  • Mettre à jour les coordonnées personnelles et le MMSI du bateau auprès de l’ANFR pour la VHF ASN et les balises.
  • Ne pas oublier la fiche de sécurité "Secu" affichée à portée de main avec les canaux de secours et la procédure d’alerte.

Trois exemples pour s’équiper malin à La Rochelle

  1. Plaisancier à la demi-journée : VHF portable IP67, lampe frontale étanche, feu de navigation LED sur piles, balise AIS MOB accrochée au gilet.
  2. Balade familiale avec enfants : Lampe flash par personne, VHF fixe + VHF portable de secours, balise PLB en plus du classique feu à main.
  3. Projet “petite croisière” : VHF fixe ASN connectée au GPS du bord, balise EPIRB enregistrée, projecteur étanche USB, check régulier de toutes les batteries et piles.

Pour prolonger son sillage en confiance

Naviguer en sécurité, c’est d’abord une histoire d’anticipation et de choix éclairés. S’équiper aujourd’hui, ce n’est pas seulement suivre la réglementation : c’est s’offrir la liberté d’oser, la tranquillité de profiter de l’océan, tout en veillant à ceux qui vous accompagnent. Les technologies évoluent, les prix se démocratisent… raison de plus pour ne rien négliger. Bon courage dans vos préparatifs, la mer n’attend que vous, éclairés et communicants !

Sources SNSM (Rapport annuel 2023), ARKEA Assistance, Division 240 (DGAMPA/Mer.gouv), ANFR, Ocean Signal, Spinlock, Ministère de la Mer (mer.gouv.fr)

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