Réagir vite : les quatre étapes en chaîne
1. Le cri d’alerte
Le réflexe premier, c’est d’élever la voix. « Homme à la mer ! » – ces trois mots percent le vent et guident les regards. Rien n’est plus désarmant qu’un silence lorsque l’un des nôtres disparaît du pont. Aussitôt, on ne quitte pas des yeux la personne à l’eau : désigner du doigt, donner l'alerte, c’est transformer le spectateur en vigie.
Conseil pratique : Toujours désigner un équipier dédié au suivi visuel, et ne jamais cesser de le pointer jusqu’à sa récupération.
2. Les gestes immédiats
- Lancer une bouée fer à cheval ou une balise flottante (si le bateau en est équipé)
- Appuyer sur le bouton MOB du GPS si possible
- Garder la victime en ligne de mire, à tout prix
La bouée matérialise la zone de chute, la balise sert de repère flottant même si le courant dérive la personne.
3. Préparer la récupération
Arrêter le bateau est le réflexe majeur : larguer la grand-voile ou affaler si nécessaire, et mettre en panne si c’est un voilier. Sur un moteur, réduire l’allure et amorcer un demi-tour autour de la victime, sans jamais lui présenter l’hélice.
- Au moteur : préférence pour l’approche vent debout ou vent arrière, selon mer et visibilité
- À la voile : effectuer la « manœuvre de retournement » ou la méthode Quick-Stop (l’affalage n’étant pas toujours possible sur un dériveur léger)
Encadré pratique :
Sur un croiseur familial, la méthode Quick-Stop permet de garder le point de chute à vue : il suffit de lofer doucement, puis de virer brutalement vent debout, laissant le bateau s’arrêter sous le vent de la personne à l’eau.
4. L’abordage final et la récupération
- Arriver sous le vent de la personne à l’eau, pour ne pas dériver sur elle.
- Lancer la ligne de vie ou la garcette de récupération, éviter tout contact brusque.
- Stabiliser le bateau autant que possible pendant la récupération, utiliser un crochet, une échelle ou, en dernier recours, plusieurs bras solides.
Attention : même un équipier robuste se fatigue vite dans une eau froide, avec l’effet du stress. Ne pas sous-estimer le poids du corps dans l’eau (jusqu’à +50 % en ressenti par rapport à la réalité, SNSM).